Après une première partie de saison des plus prolifiques, la rivière va alors s’éclaircir significativement, entrainant un changement dans le comportement des aloses. Les eaux plus claires permettent de distinguer beaucoup mieux les poissons. Et ce ne sont pas deux ou trois poissons par pool comme on les trouvait les années précédentes, mais parfois jusqu’à 20 individus. Du jamais vu depuis de très nombreuses années. Il arrive même parfois que pendant les combats, l’alose piquée à l’hameçon soit accompagnée de deux ou trois de ses congénères.

 

 

De plus, la tendance se confirme, les poissons présents sont plus gros que les années précédentes. Je remarque même certains sujets sur lesquels je suis obligé de m’attarder pensant de par leur taille, avoir à faire à des saumons de printemps. Mais non ce sont bien des aloses !!! Elles doivent frôler les 80 cm.

 

 

Avec des eaux qui se ralentissent et aussi claires, même les plus belles présentations de leurre qui déclenchaient les semaines précédentes des attaques, sont ignorées. Il va falloir jouer de subtilités pour provoquer des touches. Mais ces eaux claires sont aussi, l’occasion de tenter des photos où l’on peut voir les poissons par transparence pendant les combats. Je fais appel à ma photographe préférée, qui me fera de super clichés.

 

 

Un jour, j’arrive au bord de la rivière, il y a sur le parcours, un pêcheur à la mouche des plus réputé. Je l’observe d’en haut. Je me place de telle sorte afin de ne pas perturber sa pêche, c’est une question de respect que souvent les non pêcheurs ne comprennent pas. Il peigne soigneusement le pool, à la bonne profondeur en ralentissant soigneusement son geste dans la strike zone. Je distingue parfaitement son streamer presque à l’arrêt. Soudain, une alose monte, ouvre la bouche, gobe la mouche, et la recrache une seconde plus tard. La scène va se reproduire encore trois fois. Je lui demande s’il voit sa mouche, ou s’il sent quelque chose, car je suis certain que le streamer disparait lentement mais surement dans la bouche de l’alose. Après concertation, il me demande de lui signaler si l’opération se renouvelle. Deux minutes plus tard, une alose monte, ouvre la bouche mais ne la referme pas sur le streamer. Au passage suivant, un autre poisson, monte, et prend le streamer, je lui commente l’action en direct et lui demande de ferrer à mon signal…. PENDU…  La morale de cette histoire, me conforte dans mon idée : les poissons sont ultra difficiles. Si on ne voit pas son leurre on doit sentir une touche sur dix.

 

 

Les cessions suivantes le confirment : il faut vraiment revenir à la bonne vieille tactique du toc. Et ça marche ! Je vois plusieurs fois des jeunes pêcher le pool en lancer ramener, sans avoir la moindre touche. Je passe après eux, et arrive à déclencher de cette manière-là plusieurs poissons.

 

 

Que c’est beau de voir monter une alose sur son leurre au ralenti, la courbe du leurre est parfaite, l’alose se retourne à moitié pour le gober et le ferrage à vue, immédiat…

Durant encore quelques semaines, j’ai pu m’éclater à pêcher ces « baby tarpons bretons ».

 

 

2019 restera une très grande année pour cette pêche sublime. Des poissons présents en très grande quantité, et une taille moyenne des individus avoisinant les 60 cm.

 

 

En ces temps de confinement, la frustration monte alors que nous sommes dans la période où l’alose entame sa remontée pour aller frayer. 2020 sera peut-être une année blanche pour le pêcheur, l’avenir le dira, souhaitons que les aloses en profitent pour se reproduire en des bulls endiablés.

 

 

A bientôt

Jacques