Remontons un peu dans le temps, quelques mois en arrière lors des vacances d'été, où j'ai rejoint ma famille et les eaux d'un secteur du bassin adriatique.

 

Je suis présent depuis plusieurs jours que j'ai consacrés à la pêche des salmonidés à la mouche. Jusqu'ici les eaux étaient limpides et basses, des conditions plus qu'idéales pour cette technique. Mais la nuit passée l'orage a grondé et de grosses pluies se sont abattues en montagne. La maison est au pied du relief montagneux à 200 mètres de la rivière. Au jour levant, le ciel est toujours voilé mais l'orage estival est passé. Le sol chaud et les précipitations fraiches créent un voile de brume posant une atmosphère pesante dans la vallée. J'ai peu d'espoir sur les conditions en allant repérer la rivière que j'imagine chargée des alluvions descendant de la montagne. A ma surprise l'eau est légèrement piquée et assez haute mais sans plus. Mais en quelques instants je la vois se charger rapidement pour devenir laiteuse. Dans ces conditions les grosses truites seront certainement dehors pour profiter de la montée et se mettre en poste pour profiter de l’apport de nourriture avant que l’eau ne devienne boueuse.

Le créneau de pêche va être court. Je troque le gilet mouche pour le gilet leurre déjà tout prêt et empoigne la Bassforce elite en 5-21 grms.

Je saute dans la voiture et décide de partir 5 km à l'aval pour pêcher des postes précis de façon ponctuelle de sorte à ne ne pêcher que les eaux voilées tout en redescendant la rivière rapidement.

Les postes choisis sont des remontées de gourds profonds où le courant se rétrécis en entonnoir et vient s’appuyer contre la roche.

J’arrive sur le premier poste. L’eau est haute et bien piquée, idéale. Je commence au long-bill pour pêcher creux et lance de façon à lécher le tombant rocheux, je sens mon leurre bien descendre puis, après plusieurs mètres de récupération, prendre le contact avec le fond. Je continue la récupération canne plus haute et me fais stopper net !

Une superbe marmorata couleur brun/olive crève la surface. Sa robe n’a pas encore changé de couleur du fait de l’eau encore assez claire.

Des dents qui ne doivent pas bien laisser de chances aux chabots!!!

 

 

Le temps de la séance photo, l’eau se teinte. Il est temps de refaire un saut de puce en voiture pour rejoindre un autre spot plus bas.

Même configuration, même technique. Cette fois je sens juste une lourdeur dans le nylon et ferre amplement. Souvent les truites pivotent sur elles même en se faisant prendre par le courant pour prendre le leurre, ce qui ne provoque pas de blocage net. Je ferre amplement et sens de suite qu’il s’agit d’un poisson encore plus joli que le précédent. Sa robe est magnifique, elle commence à se griser par mimétisme avec l’eau qui blanchit !

 

 

 

Le temps de la séance photos, rebelote, l’eau se pique très rapidement ! Je saute vite dans la voiture pour aller encore plus aval. Cette fois pour pêcher un gros contre-courant aux fonds de graviers avec des gros blocs rocheux de part et d’autre de la veine nourricière. Je suis en 18 ciemes avec un nylon que je connais parfaitement, très résistant. Pour pêcher ce contre-courant profond,je passe au leurre souple avec une tête plombée de 8grms. L’idée est de passer au plus près des blocs rocheux, en gardant le contact avec le fond pour décider les poissons qui s’y tiennent. En mode sandre, je prends une grosse touche franche. Un poisson plus modèste mais en pleine forme, encore plus blanc que le précédent du fait de l’eau qui se teinte toujours plus.

 

 

Le niveau monte encore et l’eau se trouble toujours  plus. J’ai du mal à rejoindre mon chemin pour la voiture dans ce cours d’eau encaissé et piègeux. Ce sera donc le dernier poisson de cette courte journée de pêche, mais mémorable !

 

A bientôt

 

Arnaud