Danse avec les aloses

 

 

 

La grande alose fréquente les rivières bretonnes depuis la nuit des temps. C’est un poisson anadrome, c’est-à-dire qu’il vit la majorité de sa vie en mer (2 à 6 ans), pour venir se reproduire en eau douce. D’après les études scientifiques, les mâles seraient âgés d’un an de moins que les femelles lors de leur remontée en eau douce. 

A la fin de l’hiver, ou au printemps, suivant les rivières et les régions, des vagues d’aloses remontent les rivières dans l’unique but de se reproduire, avant une mort certaine. Durant cette phase, les poissons cessent de s’alimenter. Toujours suivant les rivières, ils peuvent être amenés à parcourir entre 20 et 800 km pour accéder au site de ponte.

 

 

Sur les sites de fraie, les scientifiques quantifient les aloses grâce au bruit caractéristique de leur reproduction. Ces écoutes nocturnes permettent de déterminer leur abondance.

Une fois arrivée sur la zone de ponte, les aloses vont entamer par couple, une danse qui leur est propre appelée « BULL ». Cette valse nocturne est extrêmement bruyante car elle se passe en surface, généralement entre 2 et 3 heures du matin. Les individus tournent en rond en frappant la surface avec leur queue.

Mais parfois, le miracle se produit, deux tourtereaux trop impatients ne peuvent attendre la nuit. C’est ce que j’ai eu la chance d’observer un soir la saison passée. Je quittai le bord de la rivière quand… soudain, un bruit étrange. Le temps de comprendre ce qui se passe et de sortir le téléphone pour filmer, j’ai raté l’ouverture du bal… mais ma patience fut récompensée par un second bull que je me suis empressé de filmer et pouvoir ainsi le partager.

 Souhaitons aux petits alosons nés de ce moment une longue vie et de pouvoir revenir accomplir le cycle de la vie à leur tour.