L’alose que nous croisons le plus souvent en Bretagne est la grande alose (Alosa alosa). Elle commence sa remontée des fleuves côtiers parfois dès la mi-avril dans les fleuves les plus précoces et il peut arriver également d’en trouver sur les rivières tardives, jusque fin juillet.

 

La grande alose doit son surnom de tarpon breton au fait qu’elle lui ressemble mais aussi du fait d’un combat assez semblable. En effet, il lui arrive très souvent de faires plusieurs cabrioles lors des combats. Comme tout migrateur qui se respecte, elle est assez lunatique et on peut parfois en voir des bancs de quelques individus, gueule close et insensible à n’importe quel leurre. Mais elle peut parfois sur certaines rivières, se montrer hyper agressive et attaquer des quimperloises à saumons.

 

Question leurres, ce que j’utilise le plus souvent ce sont de tous petits leurres souples à caudale, et très souvent de couleur orange. Je ne citerai pas de marque mais ceux destinés au rockfishing ou à la truite en taille SS fonctionnent très bien.

 

 

La plupart du temps, il faut se montrer sioux, surtout quand elles jouent avec vos nerfs. Quand on a la chance de pouvoir les pêcher à vue, on peut observer leur comportement. On remarque alors que très souvent lorsqu’elles ne sont que peu mordeuses, elles attrapent juste la queue du leurre.

On peut soit les pêcher avec une tête plombée, soit et cette méthode a ma préférence, sur le principe d’une pêche au toc avec un chapelet de plomb fendu, permettant d’ajuster la profondeur de nage. Avec cette méthode, je monte le LS soit sur un hameçon classique à palette, soit sur un hameçon à streamer mouche, à hampe longue, ce qui permet de bien maintenir le leurre souple et de faire ressortir la pointe de l’hameçon le plus près possible de la caudale.

Enfin et non des moindres, le montage TOC permet d’effectuer si nécessaire un très léger relâché lors de l’attaque sans provoquer pour autant la descente rapide du leurre souple, ce qui a pour effet de faire rentrer le LS dans la gueule de l’alose. Mais pour cela il faut pouvoir voir l’attaque et l’alose ouvrir la gueule. Mais je peux vous confirmer, que ça marche très bien, on a beaucoup moins de ratés au ferrage.

 

Lorsque vous vous attaquez aux aloses à vue dans les petits fleuves côtiers, il faut également avoir en tête que souvent, les aloses sont en mouvement. Beaucoup plus qu’un saumon qui va rester à poste, elles vont se promener souvent sur la totalité du pool, voir même si les pools sont peu éloignés, se promener d’un pool à l’autre. Elles vous voient souvent avant que vous ne les ayez vues si vous ne faites pas preuve d’un minimum de camouflage dans votre approche.

 

L’action de pêche se fera le plus souvent trois quart aval, afin de bien contrôler la dérive de votre leurre, mais parfois lancer amont peut permettre de les faire redescendre afin de mieux les pêcher. Il faut arriver à faire passer le leurre souple suffisamment près dans son cône de vision, pour les intéresser et provoquer soit directement un coup de gueule, soit un suivi avec quelques fois la gueule fermée mais collée au leurre.

Ensuite c’est la patience, jusqu’à la dérive qui lui fera ouvrir la gueule. Soit elle engame et c’est gagné, soit elle y goutera juste et il faudra penser au relâché du leurre la dérive suivante. Elles reviennent assez régulièrement à l’attaque ce qui permet de tenter sa chance plus d’une fois.

 

En moyenne, on arrive à les décider à mordre à compter du troisième bon passage, mais cela peut aussi prendre un quart d’heure.

 

 

Lors de ma dernière sortie de pêche, j’ai emmené un copain qui galérait avec ce poisson. En voulant lui monter la technique j’en ai piqué une au deuxième passage correct…. Le pool d’après il en tenait une. Généralement sur les petits pools, on ne prend qu’un poisson à la fois, les autres fuyant le poste, une fois le combat engagé.

 

On repère quelques poissons, on se place en amont, pour pouvoir bien présenter le leurre, un lancer à 90° le temps que le leurre descende à la bonne profondeur, un poisson suit, ouvre la gueule, un léger relâcher, le leurre souple est bien engamé…. On attend qu’elle referme la gueule et bingo FERRAGE !!!! Immédiatement c’est le premier rush, parfois accompagné du premier saut. Vous serez agréablement surpris du combat que l’alose vous offrira. Elle sautera plusieurs fois, secouera la tête pour se décrocher, au besoin mettez le scion dans l’eau elle sautera moins mais vous assurerez certainement mieux votre prise. Elle se présentera alors à l’épuisette, épuisée, une rapide photo si possible dans l’eau, et vous la relâcherez après l’avoir réoxygénée. Ces poissons sont extrêmement fragiles, moins on les manipule, mieux elles se portent. Elles pourront alors remonter un peu plus haut en eau douce, accomplir ce pourquoi elles sont revenues, à savoir donner la vie à une nouvelle génération.