En ce début de printemps, la saumonite me gagne. En effet, quand on a eu la chance de piquer un saumon de printemps, on n’a qu’une envie, c’est d’en reprendre un autre. C’est un peu comme la tarponite, affection qui m'atteint de façon chronique. L’un comme l’autre sont des poissons hyper combatifs qui se montrent lors des combats avec des sauts impressionnants et l’on connaît très vite la taille de notre adversaire.

 

Donc depuis la mi-mars, j’arpente les rivières à saumons du Finistère dans l’espoir de croiser la route de Messire Eog (nom breton du saumon).

Le jour de l’ouverture, il y a beaucoup, beaucoup d'eau dans les rivières, une fraicheur matinale (-2°C vers 7H), du coup je décide de faire le début de matinée à la truite.

L’après-midi, tentative au saumon pendant deux heures, une très jolie truite viendra saluer une cuillère à saumon et se décrochera... Rien d’autre à signaler.

Pour finir la journée, après tous ces kilomètres à arpenter les rivières, je remonter plus en amont sur la rivière, pour tenter de décider de jolies truites. Donc je reprends ma canne à truite, et m’en vais pêcher au Vairon .... J’arrive sur un nouveau pool, ça pêche propre. Oh il y a un spot qui pue le saumon à trois kilomètres, tant pis je suis en 18/00 il y a un jus important, je tente le coup.

Le VAIRON passe une première fois au bon endroit, rien,

Je relance, un poil plus bas, et là BINGO.... ah mince ça bouge pas j'ai dû choper une racine de la souche... mais noooooooonnnnnn ça bouge, ça remonte le courant....

BINGGGOOOOOOO j'en tiens un .... !!!!

 

Aucun doute vu la gueule de la canne et ce que je lui mets comme pression, ça ne peut pas être une truite, ni un Bécard (saumon ravalé), ça tient le fond ..... YES ....

Je commence à me préparer psychologiquement à en avoir pour une heure, avec le jus qu'il y a et en 18/00 il ne va pas falloir trop le violenter... pas grave on a le temps.....

Au bout d'une minute le poisson monte un peu, je l'entrevois, YES c'est épais, je vois bien sa longueur malgré le contre-jour. Il redescend aussitôt et commence à tourner dans le pool. La pression du frein est bonne, il n'y a plus qu'à tenter de le laisser se fatiguer dans ce pool, sans lui donner l'envie de remonter trop le courant et sortir du pool, au-dessus il y a un arbre dont pas mal de branches trempent dans l'eau, idem en dessous, il ne faudrait pas qu’il lui prenne l’envie de s’envoyer en l’air et de retomber dans les branches.... alors promenons not' poisson... un bon walking Eog.

Une minute plus tard, il remonte en surface et là ...... MER.........DE.... GRRR#######RRRRR

P#tain (pardonnez ma grossièreté mais j'y ai vraiment cru à mon premier printemps de l'année....) ce n'est pas un saumon qui crève la surface mais un joli brochet....

Au second passage, coup de louche....70cm piqué sur le bord des lèvres....

Quelle déception...

 

La semaine dernière, je retourne faire un tour sur cette même rivière, un peu plus en aval.

Les eaux sont belles, il y a un bon niveau et les prises de saumons se font plus régulières. Donc c’est motivé que j’attaque cette partie de rivière que je pêche peu souvent. Après une jolie attaque de truite sur mon vairon XXL, j’arrive sur un pool prometteur. Je peigne donc minutieusement le bas du pool, puis le haut. Mon vairon nage à merveille… que c’est frustrant comme pêche, on sait qu’on pêche bien au bon endroit, à la bonne profondeur avec un leurre ou un vairon qui fait le boulot à merveille et rien, NADA !

Je décide de donner un coup au milieu du pool. Quand le vairon arrive en bordure, je sens un gratouillis…. Hummmmm … pas une attaque agressive de truite, mais plutôt un petit pincement assez caractéristique d’un beau saumon…. La pression monte… je regarde mon vairon, pas de traces particulières, je le repose devant moi pour vérifier s’il nage toujours aussi bien, nickel. Je relance alors un peu plus aval et là à deux mètres du bord… CARTOUCHE ! YES PENDU !

Bizarre, je ne prends pas de rush magistral, serait-ce un très gros poisson qui n’a pas encore compris ce qui lui arrivait ? Je sais qu’il s’est pris un poisson dépassant le mètre sur le Léguer, et sur cette zone de rivière. Il y a 2 ans il s’en est pris un de 97 cm…

Mais non... le suspense ne va pas durer longtemps, 20 secondes plus tard, je vois passer un très beau poisson de couleur jaune, j’ai tout de suite compris que ce saumon-là avait de grandes dents… Ce n’est pas Messire Eog mais bel et bien encore un beau brochet qui est au bout de ma ligne en 25/00 cette fois… il monte rapidement et je vois le triple piqué au bord des lèvres. OUF... il n’a pas engamé. C’est d’ailleurs assez surprenant de voir que de jolis brochets dans ces zones-là attaquent de toutes petites proies du bout des lèvres alors qu’ils pourraient les gober profondément.

Après quelques soucis lors du combat avec les ronces et les herbiers en bordure, et un brochet il faut l’avouer assez coopératif, je l’épuise. Il rentre assez facilement dans ma raquette. Ce n'est pas le poisson que j'étais venu chercher mais il est joli…. 85 cm et bien dodu.

Voici donc un résumé de ce premier mois de traque du saumon sur les rivières bretonnes qui se conclu avec la prise de 2 jolis brochets…. En attendant le VRAI Salar.

 

 

Kenavo  

Jacques Chopin