C’est la première des sessions guidage de 2016, et pour faire bien je reçois Didier Courtois et deux de ses amis proches, Jérome et Stéphane, tous deux de bons pêcheurs. On devrait se régaler, car en cette période il n’y presque personne sur le lac, les poissons devraient commencer à se rassembler et étant donné qu’il n’y a que très peu de nourriture, le déplacement d’eau que font nos leurres devraient les attirer de loin. Oui sur le papier c’est le top, mais en réalité c’est tout autre chose…
Pluie, neige, vent et froid est notre météo quotidienne, que très peu de moments clairs ou ensoleillés, mais il faut subir et faire avec. C’est habillés comme des cosmonautes que nous montons dans le bateau tous les matins avec la ferme intention de ne pas se geler pour rien et faire du poisson.

 



Les poissons justement ! Si je n’avais pas de sondeur ce serait la même chose, l’écran de mon Onix reste désespérément vide, la température est de 6,3° et ne grimpe pas dans la journée, le point positif est qu’il n’y a pas de delta température entre la nuit et le jour, ça c’est une bonne nouvelle, mais c’est la seule. Il va falloir se creuser les méninges et rentrer vite dans le vif du sujet. Je ne pensais pas avoir à réfléchir aussi intensément pour mes premiers jours de pêche…
Je décide de sonder dans les fonds habituels en cette saison, mais le sondeur reste vide, aucun féra, aucun brochet, les perches sont posées dans 50M d’eau et c’est encore la nuit pour elles et surtout le moment d’hiberner. Je rentre alors un peu plus dans des profondeurs moyennes et commence à sonder proche de zones d’épaves, il doit bien y avoir tout de même quelques poissons qui s’y réfugient. Au passage je trouve quelques cyprins, certainement des tanches ou des brèmes, elles évoluent paisiblement décollées du fond. Elles nagent, que c’est beau de voir des échos sur mon Onix !
Je stoppe le bateau et je donne quelques recommandations de pêche, ne pas laisser couler le leurre, récupérer dès l’impact pour obliger les poissons à monter sur les leurres pour augmenter leur agressivité. Nous pêcherons avec des shad de tailles conséquentes, Biwa Submission en 20, Ripple 20, At Minnow 25 et Esox Toy 30. Nous sommes 4, 4 leurres différents, vibrations et déplacement d’eau différents, coloris différents. Il faut trouver rapidement ce qui peut déclencher une touche. Même sans avoir trouvé de brochets, je sais que des cyprins à cette période sont souvent accompagnés de prédateurs adaptés à leur taille… Nous pêchons depuis seulement une heure et j’enregistre ma première touche, un ferrage en règle et me voilà attelé à un poisson qui se bat… je crois que c’est un beau poisson, mais après 2 mois d’interruption il est difficile de retrouver des sensations surtout quand les doigts sont gelés… Je l’ai ferré sur la 100/300 Meter Over Type 4, la canne plie très bien en tête et vient comprimer le blanck avec une jolie courbe semi parabolique. La réserve de puissance est énorme mais la canne offre de vraies et pures sensations, un régal… Après plusieurs rush avec de la tresse de sortie, le poisson crève la surface à 10 mètres du bateau et je le vois grand. En effet il est métré, première touche de 2016 et premier poisson métré. Je suis heureux mais il fallait tout de même aller le chercher, c’est donc encore meilleur. Le poisson accusera 110 cm !

 

 

 

Dans la foulée, Stéphane touche un beau poisson à son tour, le combat est aussi assez solide mais le poisson a été piqué non loin du bateau et il est vite bridé par la canne et le verdict tombe, un joli 90+ ! C’est bon, on est tombé sur une période d’activité et il se peut qu’elle dure un peu… Mon enthousiasme redescend très vite car l’activité ne se déclenche pas plus que ça, et s’arrête même. Nous avons pourtant poncé la zone, de long en large et en travers, multipliant les actions de pêche, les animations de déclenchement, la modification ou l’alternance des leurres… rien n'y fait ! Les poissons sont bien là et il sera facile de trouver des postes similaires, mais les brochets réagissent à un stimulus particulier qui les met en chasse, seulement cette chasse est de courte durée, 20 minutes à tout casser…Il est tard et nous rentrons. Rendez-vous demain matin sur la flaque pour valider cette approche.

 

 

 

La soirée est passée en toute convivialité et rigolades en mangeant Italien, où chacun se fait plus ou moins avoir avec le menu, Didier qui prend un Whisky se voit servir un quart de la bouteille ou presque, moi qui choisit une pizza, je me retrouve avec une double pâte et un peu de garniture, quant aux autres convives ils s’en sortent mieux avec des choses plus conventionnelles…

Après une nuit agitée par la chaleur des chauffages électriques pour sécher nos combinaisons, nous partons pour une seconde journée de pêche.
Les conditions sont un peu meilleures, il pleut moins et moins souvent, mais le vent se lève et quand il se calme, ce sont des averses de neige qui nous tombent dessus… Bref il faut faire avec, nous sommes encore en hiver et ce temps est normal.
Nous pêchons une zone un peu différente avec des dérives longilignes dans 10, 12 et 14 mètres de fond, poussés par le vent. Nous pêchons décollés avec les mêmes leurres que la veille car je sais pertinemment que ce n’est pas un problème de leurre, ni même de couleur, encore moins de grammage, ni même de zone de pêche. J’ai trouvé des poissons posés sur le fond avec mon side imaging, mais ceux-ci sont comme en grève et ne daignent pas bouger une écaille. Il faut être patient, mobile en dérive, et attendre la chasse.
Didier enregistre la première touche au Ripple 20 et le poisson et bel et bien piqué, la 60/120 Meter Over Type 2 plie de toute sa courbure et on voit bien le blank parabolique progressif que je voulais avoir. Cette canne est top ! Le poisson se rend rapidement, c’est un beau 90++ !

 

 

 

Plus tard dans la journée, Jérome est aussi récompensé de ses efforts mais les poissons actifs sur cette zone sont de petites tailles, jusqu’à 80+… Idem pour Stéphane, qui, avec un leurre totalement différent, enregistre plus de touches mais sans pouvoir concrétiser, mis à part cet autre poisson moyen.

 

Pour ma part je reste fidèle à mes habitudes, lancers lointains en alternant les angles, mais je n’ai pas plus de touche de grand poisson que le reste des pêcheurs du bateau. Quelques frappes de petits ou moyens poissons qui bousculent le leurre plus qu’ils ne l’attaquent.

 

 

 

Retour à l’hôtel où une bonne douche amplement mérité nous réchauffe. Apéro, convivialité et repas Italien pour ne pas changer et surtout commander autre chose que la veille.

 

Dernière journée un peu écourtée pour le voyage retour et ne surtout pas manquer l’avion pour mes compagnons.

Le temps est plus stable, terminée la pluie et même un ou deux rayons de soleil entrecoupés d’averses de neige qui mouille plus qu’elle ne tient au sol.

Même stratégie en ce qui concerne la pêche. Mais rien n’y fait hormis quelques poissons encore bien moyens n’accédant pas à la photo.

Le séjour s’achève avec tout de même pas mal de poissons de 80+, 90+ et un métré, en arrivant et vue la météo et l’eau… je ne donnais pas chère de notre peau, je dois dire qu’on s’en est bien tiré.
A refaire à une autre saison !

 

Arnaud fileppi