Comme toute sortie au large du Finistère, certains paramètres doivent être réunis pour une pêche en toute sécurité avec de bonnes chances de réussite sur la chaussée d'Armen. En premier lieu la météo. Armen est une zone de pêche où on ne joue pas. Une mauvaise direction de vent ajoutée à une orientation du courant défavorable peut aboutir très rapidement à une mer dégradée, voir dangereuse. Le bateau doit être marin et en parfait état , on ne peut pas risquer la panne dans une zone qui peut devenir rapidement rock'n roll. Une bonne VHF, une électronique performante en navigation de nuit ou dans le brouillard viennent compléter l'équipement de mon bateau.

Je privilégie les petits coefficients de marée jusqu’à 85. Le jusant m'apporte en général les meilleurs résultats. Pour ce qui est du matériel de pêche, j'utilise principalement deux combos constitués d'une canne  slow jigging 2 en 340gr et une slow jigging  3 en 250gr. Pour les moulinets, mon choix s'est porté sur un ryoga et un saltiga de la marque Daiwa garnis de tresse Pe 1.5 et d'un bas de ligne de 10 m de fluoro en 45 centièmes.

Au niveau des leurres,  j'utilise principalement des nitro slim et des jigs trapus que j'arme unique ment sur le bas. En fonction de la marée, le courant peut varier de 1 à 4 noeuds, il entraine très rapidement les leurres vers le fond.

 

Au départ d'Audierne, cap sur la pointe du raz puis direction pleine ouest. On laisse derrière nous l'île de Sein puis le phare d'armen. Je recherche au sondeur une zone de sable et d'herbiers dans 70 à 90 m de fond où se cachent des pagres, gros lieus et autres rougets grondins. Une fois la dérive établie, je laisse descendre mon jig sur le fond et je commence par le faire taper sur le sable à plusieurs reprises. Dans un second temps, si je n'ai pas eu d'attaque avec cette animation, je change d'approche et je remonte doucement mon leurre d'une vingtaine de mètres. Le pagre a une attaque très violente et un grosse défense jusqu’à la surface. C'est un superbe poisson de sport. En pêchant près du fond, on a aussi de bonnes chances de débusquer de gros lieus tapis sur le sable. L'avantage de pêcher avec des cannes slow jigging c'est de limiter considérablement les décrochés grâce à la souplesse de la canne qui encaisse les coups de têtes et les rush des poissons .

Quand le courant nous rapproche de la chaussée,  je surveille le sondeur à la recherche des dorades roses qui généralement se situent sur le tombant ou sur les têtes de roches. J'opte alors pour la technique de l'ascenseur avec des petits ijgs armés de deux petits assist hooks. J'augmente ainsi mes chances de les piquer, leur bouche étant de petite taille. Généralement la touche intervient quand le jig est à l'arrêt quand il traverse le banc. Les couleurs bleu-argenté ont leur préférence.

Une fois sur la chaussée, je passe généralement au leur souple pour une approche plus planante à la recherche des lieus jaunes et noirs, bars et vielles. Malgré les faibles profondeurs parfois inférieures à 5 mètres, c'est toujours la technique de l'ascenseur qui est utilisée. Le courant bosse pour nous, à la surface, les veines de courant qui se croisent forment des marmites, le bateau entre dans la danse en faisant des tours sus lui-même. La fin de la dérive correspond au tombant sud de la chaussée, il est temps de démarrer le moteur pour replacer le bateau, on recommence ainsi durant tout le jusant.

 

Un peut avant l'étale j'aime me rendre dans le sud de île de Sein à la recherche des saint-pierre. La zone est assez vaste, on y retrouve sur le fond un mélange de graviers, de sable et de blocs de pierres. Ce substrat attire une multitude d'espèces : saint-pierre, pagres, bars, grondins, roussettes et tacauds. Je pêche avec deux techniques sur cette zone : la première au lançon vivant en montage coulissant et la deuxième au leurre souple que j'anime en linaire et à faible vitesse. La touche du saint-pierre est assez particulière, on ressent juste une tape dans la canne, il faut alors le ferrer par un coup de poignet et le remonter en linaire sans le pomper ni donner de mou sinon la membrane de cartilage qui lui sert de gueule se déchire. De la même façon, un mou dans la ligne et c'est la décroche assurée. Il faut aussi faire très attention au grammage de la tête plombée. Plus elle sera faible, plus ce poisson qui aspire ses proies aura de facilités à engamer le leurre. En pêche au vif (lançons généralement) il faut bien le laisser partir avec et rendre la main à la première touche.Généralement il se ferre tous seul .

L'île de sein et ses alentours avec ses phares mythiques de la vielle, de Tevennec, d'Armen est une zone magnifique de par sa diversité au niveau des espèces de poissons.

Il n'est pas rare de faire 10 à 15 espèces différentes dans la même partie de pêche !

 

Julien LABIT